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17 JUIN 2020

HAITI AU BORD DE LA FAMINE

Plus de 60 communessontsévèrementfrappées par la sécheresse récurrente de décembre 2019 à avril 2020 en Haïti, révèlent des organisationsécologiques qui appellent à une intervention urgente de l’État et ses partenaires pour venir en aide aux personnes affectées.

Croix-des-Bouquets, mercredi 17 juin 2020 –Un communiqué de neuf organisations évoluant dans le domaine de l’écologie fait état de plus de 60 communes des dix départements géographiques d’Haïti qui sont frappées de plein fouet par la sécheresse récurrente de décembre 2019 à avril 2020. La note révèle dans ce cas qu’Haïti est devenu le pays le plus fragile par rapport à la crise de la famine et de santé publique liées à la Covid-19 qui prend forme dans le pays. Sachant qu’au cours des trois années précédentesHaïti se distingue comme le pays où l'impact des événements météorologiques et des catastrophes naturelles a eu le plus fort sur la sécurité alimentaire. Donc, Haïti au bord de la famine.

En effet, la sécheresse avait affecté sévèrement les plantations des paysans du département de l’Artibonite (haut-Artibonite spécifiquement) : Terre-Neuve, Anse-Rouge, Gros-Morne, Ennery, Saint-Michel de l’Attalaye, Gonaïves (pleine des Gonaïves, zone ODPG), de la Grand’Anse :Jérémie (localité Tibelon),Corail, Pestel; les plantations des agricultrices et agriculteurs des communes de : Limbé, Plaisance, Pilate (Nord) ; les exploitants agricoles de Bassin Bleu, Jean Rabel (la section communale de Cabaret), Bombardopolis, Baie-de-Henne  (Nord-Ouest) ; les paysans de Léogâne (Fondwa),  de la Gonâve, de Cornillon, de Thomazeau (Ouest) ; ceux de la Vallée de Jacmel, Jacmel, Marigot, Belle-Anse et Anse-à-Pitres, Thiotte (Sud-Est), Aquin, Cavaillon …(Sud) ont perdu toutes leurs cultures et leurs semences de haricots durant ces quatre derniers mois.Et, l’État ne donne jusqu’à date aucun accompagnement aux exploitants agricoles. Selon le communiqué, les départements du Nord-Ouest, du Nord-Est, du Sud-Est, des Nippes, de l’Artibonite, de la Grand’Anse etdu Centre sont les plus touchés par la sécheresse.

 

Préoccupées par cette situation, le Mouvement d’Appui pour le Développement des Collectivités Territoriales Haïtiennes (MADECTH), le Groupe d’Intervention écologique d’Haïti (Ecovert-Haïti), Agence de  Promotion pour le développement intégré (APRODI), l’Association zantray pour le développement national (AZADN), Mouvement d’appui à la paysannerie (MAP), l’Asosyasyon peyizan kwochi (ASPEK), le Mouvement écologistes citoyens (MEC), l’Association des jeunes progressistes de Cornillon (AJPC), l’Effort commun pour le développement de l’Arcahaie (ECODA), entre autres organisations écologiques, tirent la sonnette d’alarmed’une pandémie de faim qui est dans nos murs.Elles appellent à une intervention urgente de l’État pour venir en aide aux populations vulnérables.

Pour l’année 2020, la sécurité alimentaire des ménages reste donc plus fragile, entravée par les prix élevés des denrées alimentaires sur le marché en liaison avec la Covid-19, une inflation annuelle d'environ 22,6 %, une dépréciation de près de 42 % de la monnaie locale etc. Si aucune mesure urgente n'est prise pour aider lapopulation à faire face à la crise de l’insécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations vulnérables, le nombre de personnes en situation de crise alimentaire aiguë pourrait passer de 4,1 millions à huit millions d’ici octobre 2020 »,prédisent ces organisations de vigilance écologique se basant sur données trouvées sur le terrain.Les crises alimentaires, ainsi que le manque d’accès à une alimentation diversifiée, à l’eau potable, à l’assainissement et aux soins de santé continueront à créer des niveaux élevés de malnutrition infantile. C’est le cas de la commune de Terre-Neuve.Si en 2019, environ 65 500 enfants de moins de 5 ans dans les zones touchéessévèrement par la sécheresse souffraient de malnutrition aiguë et avaient besoin d'interventions nutritionnelles, d’ici à octobre 2020, près de 80 000 enfants seraient dans cette situation. Seulement 1 enfant sur 10 a consommé le régime alimentaire minimum acceptable nécessaire à la croissance et au développement, et 1 sur 4 avait une diversité alimentaire minimum acceptable (MSPP, juillet 2018). L'anémie a touché 66,3% des enfants âgés de 6 à 59 mois, ce qui indique une inquiétude modérée, tandis que près de la moitié (49,0%) des femmes en âge de procréer étaient anémiques, classées comme élevées (MSPP, juillet 2018).

À l’occasion de la journée internationale de la lutte contre la désertification et la sécheresse ce mercredi 17 juin 2020, La déforestation et la désertification – causées par les activités humaines et le changement climatique – posent des défis majeurs au développement durable. Et l'objectif de développement durable n°15 (ODD 15) vise à gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des sols et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité. Cette Journée, dont le slogan 2020 est « Aliments. Fourrage. Fibres. », vise à sensibiliser les individus sur la manière de réduire leur empreinte écologique. En ce sens, MADECTH, Ecovert-Haïti, APRODI, MAP, AZADN, MEC, AJPC, ECODA, ASPEK préconisent un changement des modes de consommation et les habitudes de vie […] et appellent l’Étatà agir dans le plus bref délai.

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