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23 Août 2021

MAST - CNLTP :  Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition

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Port-au-Prince, Le 23 Août 2021

 

C'est dans la nuit du 22 au 23 août 1791 qu'a commencé à Saint Domingue (l’île aujourd’hui partagée entre Haïti et la République Dominicaine) l'insurrection qui allait jouer un rôle déterminant dans l'abolition de la traite négrière transatlantique. Cette journée rappelle donc le rôle de pionnier de la République d’Haïti dans la lutte contre la Traite 1 des êtres humains ainsi que pour le respect de la dignité humaine et les Droits Humains universels.


C'est pourquoi la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition est commémorée le 23 août de chaque année par l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la science et la culture (UNESCO). Cette journée nous rappelle l’obligation pour l’Etat Haïtien, ainsi que pour chaque Haïtienne et Haïtien de se porter garant au quotidien du respect de la dignité humaine, des droits humains et en particulier de travailler pour éradiquer toute forme de traite des personnes dans son voisinage.


Le Comité National de lutte contre la Traite des Personnes (CNLTP) créé par loi du 30 avril 2014 et rattaché au Ministère des Affaires Sociales et du Travail témoigne de la volonté de l’Etat Haïtien de s’élever à la hauteur des exigences de sa réputation de pionnier de la lutte contre la traite des êtres humains dans le monde. Tenant compte de l’impact de cette problématique et des enjeux stratégiques, le CNLTP poursuit son plaidoyer pour l’obtention de fonds dans le budget de la République pour assurer son autonomie mais aussi et surtout, la collaboration des acteurs judiciaires question d’engager des poursuites.
 

De manière spéciale, le CNLTP profite de l’occasion pour demander aux populations du Grand Sud, de rester vigilantes, car les périodes de catastrophe sont des moments toujours prisés par des trafiquants d’êtres humains pour exploiter des personnes vulnérables ; soit en promettant des voyages truqués, soit en promettant la prise en charge par des familles d’accueil ou des orphelinats en dehors des normes établies, soit en créant des orphelinats bidons, soit en exploitant sexuellement des femmes et des enfants vulnérables en échangesde biens et services. Fort de tout cela, le CNLTP vous invite à dénoncer toute activité s’apparentant à la traite des personnes au numéro 2  : 840.1

 

L’expression « traite des personnes » désigne le recrutement, le transport, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, par la fraude, la tromperie par abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l'offre ou l'acceptation de paiements ou d'avantages pour obtenir le consentement d'une personne ayant autorité sur une autre à des fins d’exploitation. L’exploitation doit inclure au minimum le travail forcé ou la servitude, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou le proxénétisme, la pornographie ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le mariage forcé ou à des fins d’exploitation, la mendicité forcée, le prélèvement d’organes ou de tissus et l’adoption réalisée à des fins d’exploitation telle que définie dans la présente loi. Article 1, Loi sur la Lutte contre la Traite des Personnes.
 

Le CNLTP s’engage à poursuivre les auteurs, co-auteurs et complices de traite des personnes, à protéger les victimes et à prévenir ce phénomène deshumanisant. C’est pourquoi nous cherchons à renforcer la synergie entre les acteurs judiciaires à travers la création de Task Forces constituées de Doyens, Juges, Commissaires du Gouvernement et Substituts Commissaires du Gouvernement. Nous avons également des Sous-Comités de lutte contre la traite dans tous les départements du pays, telle que prévue par la loi, afin de nous acquitter de notre mission de coordonner les activités de lutte contre la traite au niveau national.


Le CNLTP en profite pour remercier ses partenaires internationaux, en particulier l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), à travers le programme multi pays sur la sécurité frontalière Haïti, République Dominicaine et Jamaïque, financé par l’Union Européenne ainsi que le projet Bâtir un Environnement Solide pour Eradiquer la Traite des Personnes (BEST), financé par l’USAID et mis en œuvre par la Fondation Lumos.

André IBREUS, av. Président du CNLTP